« L’insoutenable légèreté » du montage numérique non linéaire - Texte 5
Malgré les réserves exprimées par certains, la plupart des monteurs et cinéastes en sont venus à apprécier les avantages que procurent les systèmes numériques; ces derniers sont donc devenus la norme, se substituant presque entièrement aux équipements traditionnels. De nos jours, les critiques se font rares et la soi-disant « perte de matérialité » n’inquiète plus grand monde. Dans son ouvrage DV Filmaking, le monteur Ian David Aronson raconte ses débuts dans l’industrie en 1995. À l’époque, il travaillait avec un système de montage vidéo analogique linéaire, un des premiers appareils électroniques qui avait plus en commun avec les systèmes conventionnels qu’avec les nouveaux systèmes non linéaires. Il décrit le processus laborieux de repérage et de marquage des coupes qui, une fois réalisées, devenaient irréversibles : « le montage vidéo analogique ne permettait pas de revenir en arrière pour apporter des changements […]. De nos jours, à la grande joie des professionnels du monde entier, ajouter ou retrancher un plan peut se faire en tapant sur quelques touches ou d’un clic[16]. »
