« L’insoutenable légèreté » du montage numérique non linéaire - Texte 2

Ces propos sont prononcés à l’origine en 1988 à l’occasion d’une conférence dans laquelle Murch résume son expérience du montage sur pellicule. Sept ans plus tard, lorsque parait la première édition de son livre, le paysage est à tel point différent qu’il ajoute une longue postface dans laquelle il souligne l’effet de « cet assaut lancé par des systèmes électroniques sophistiqués mis au point au cours de la dernière décennie[4] ». Nombre de monteurs résisteront à ce changement – attitude qui n’est pas sans rappeler celle qui accompagna, dans les années 1920, l’introduction de la moviola que beaucoup trouvaient « trop chère, bruyante, encombrante et même dangereuse […]. Pire encore (si tant est que ce soit possible), de nombreux monteurs considéraient l’attribut principal de la moviola – la capacité d’étudier le mouvement dans le plan, image par image – comme une béquille inutile qui ralentissait le travail[5]. » On craignait alors que le montage ne soit détaché de la réalité matérielle du support.

C’est en 1968 que Murch s’initie au montage sur ordinateur, aux côtés de Francis Ford Coppola qui, avec George Lucas, s’intéressait à un tout nouveau système appelé CMX – un prototype de montage vidéo électronique offline résultant d’un partenariat entre CBS et Memorex : « Le potentiel de ce que je découvre me fait naïvement penser que l’industrie en sera transformée en moins de cinq ans[6]. » Coppola et Murch avaient envisagé monter Le parrain (The Godfather, 1972) sur le système CMX, mais « cet effort prématuré [fut] vain. En effet, la vitesse et la capacité de stockage de l’ordinateur [étaient alors] trop rudimentaires et coûteuses pour supporter la quantité de pellicule engendrée par un long-métrage[7] ». Pour la production d’Apocalypse Now (1979), Coppola a testé un autre système de montage vidéo linéaire électronique sur lequel Murch a composé une série de fondus enchaînés sur la première bobine[8]. Le reste du film a été monté avec des systèmes traditionnels, dont la moviola qui, à l’époque, est déjà désuète.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/94054p/4158

Date de modification de la fiche

2022-04-25
2022-11-28

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