Le magnétophone Perfectone - Texte 1
Ce magnétophone fait partie des nouveaux outils des ingénieurs du son mis au point dans les années 1950. Comme l’autre constructeur suisse Nagra, la marque Perfectone est l’une des premières à proposer du matériel de grande qualité qui permettait d’enregistrer un son sur une bande magnétique dans n’importe quel lieu. Le boîtier est très compact, et donc facilement transportable. Le modèle Type EP 6A, vendu à partir de 1959, est une valisette faisant 36 cm de long, 31 cm de large et 12 cm de haut. Son poids est de 6,2 kg sans piles et de 7,2 kg avec piles. Le magnétophone possède de 8 à 12 heures d’autonomie. Comme le signale très clairement la notice, ce magnétophone peut être considéré comme « un camion son dans une valise[1] ».
Depuis 1927, des camions son ont permis de faire des enregistrements (sur pellicule) hors des studios, pour des actualités. Ils furent utilisés notamment par les Fox Movietone News dès mai 1927, lors de l’enregistrement, sonore et sur pellicule, du décollage de Charles Lindbergh pour sa traversée de l’Atlantique en avion en solitaire. À partir de ce moment, des tournages sonores et synchrones, en extérieur, étaient possibles, même si cela restait compliqué. L’un des tout premiers films entièrement sonores est un court-métrage de John Ford : Napoleon’s Barber. Sorti en novembre 1928, cette comédie de 32 minutes, produite par la Fox, a été tournée en extérieur avec un camion son des actualités Fox[2]. En France, certains metteurs en scène utilisaient régulièrement un camion son, par exemple Marcel Pagnol. Il a pu tourner Angèle, en extérieur, dans la campagne de l’arrière-pays marseillais avec son camion son RCA (système Photophone, plus performant que le Movietone), en 1934. Ce même camion son est prêté par Pagnol à Jean Renoir pour le tournage, à l’été 1934, de Toni.
