Analyse des appareils : le magnétoscope - Texte 1
Le magnétoscope est un appareil électronique qui sert à enregistrer et à lire un signal vidéo et audio sur une cassette contenant une bande magnétique. Il apparaît d’abord comme un instrument industriel pour ensuite se diffuser dans les foyers.
Les premières expérimentations d’enregistrement sur bande magnétique remontent au début des années 1900, lorsqu’un brevet est déposé pour l’enregistrement d’images sur un fil d’acier magnétique. C’est en suivant les développements de la télévision, dès 1927, que la possibilité d’enregistrer des images en mouvement commence à être étudiée, notamment par John Logie Baird. Le video tape recorder (VTR) sera ensuite mis en fonctionnement, dès les années 1950, pour l’enregistrement d’images et de sons, en procédant à un enregistrement longitudinal du signal vidéo sur le ruban. Remarquons son emploi par le chanteur américain Bing Crosby, qui, déjà pionnier de l’enregistrement de spectacles pour la radio, demande à l’ingénieur Jack Mullin d’enregistrer ses performances télévisuelles[1]. Le perfectionnement de l’appareil se poursuit dans le milieu industriel, en demeurant cependant à l’usage exclusif des réseaux de télévision, en raison de ses coûts prohibitifs et de ses dimensions. L’appareil améliore progressivement ses standards relatifs à la largeur de la bande, intégrant des instruments plus rapides afin que les résultats soient comparables à ceux de la transmission en direct. Dès 1956, la compagnie américaine Ampex commercialise le premier enregistreur transversal, qui compte quatre têtes tournantes, ce qui réduit considérablement la quantité de ruban magnétique. De la taille d’un juke-box, les appareils étaient encore une fois utiles aux réseaux télévisuels, mais pas aux consommateurs. D’autres compagnies — Sony, Toshiba et The Victor Company of Japan (JVC) — entrent dans la course, arrivant à produire, à la fin des années 1950, des versions qui, bien qu’encore trop chères pour le grand public, étaient de plus en plus économiques et rapides, notamment en raison de l’emploi de méthodes d’enregistrement dites « hélicoïdales » de la vidéo sur le ruban[2]. Le modèle de JVC fonctionnait avec deux têtes tournantes, ce qui deviendra plus tard le standard[3]. En effet, même si le modèle à quatre têtes était de bonne qualité, il ne permettait pas l’arrêt sur image ou le ralenti. Pour cette raison, l’industrie lui préférera encore, pour une dizaine d’années, le kinéscope.
