Pratiques sportives - Texte 4
Dans le cas du skate, la caméra d’action représente une approche de l’ergonomie qui diffère fondamentalement de celles des caméras Bolex ou Aaton fondées dans les deux cas sur un rapprochement entre l’appareil et le corps du filmeur jusqu’au point où les deux fusionnent. Si l’on parle souvent de ces caméras en termes d’extension du filmeur, il nous semble plus approprié de dire qu’elles s’incorporent au filmeur. C’est le cas des caméras construites par Aaton et qu’on reconnaît à leur forme de « chat sur l’épaule », qui vient « faire corps avec l’utilisateur ». La caméra d’action du skate, elle, permet au filmeur d’étendre réellement sa vision en l’amenant jusqu’au bout de son bras. Un parallèle pourrait cependant être établi entre ces caméras de skate et la Paluche (Aaton 30), qu’on dissocie elle aussi de la vision de l’œil en raison de la position de l’objectif « au bout des doigts »[3]. Cette opposition entre une caméra qui s’incorpore au corps du filmeur et celle qui en constitue l’extension se joue dans l’ergonomie de l’appareil, certes, mais elle influence également le rapport corps-caméra-monde dont l’image est la trace.
