Montage: pellicule - Texte 2

Rose Hobart (Joseph Cornell, 1936-1967)

Joseph Cornell est un artiste américain connu particulièrement pour la création de boîtes, cabinets de curiosités et écrins de rêves, inspirés en partie par les pratiques dada et surréaliste avec lesquelles l’artiste partage certaines affinités. Exposé régulièrement dans les galeries de New York à partir des années 1930 et jusqu’à la fin de sa vie en 1972, Cornell est aussi l’auteur d’un nombre important de films-collages tout comme de films tournés ou complétés par d’autres cinéastes suivant ses indications précises[5]. Artiste solitaire et confidentiel, une bonne partie de ses films-collages n’ont été découverts qu’après sa mort et, pour la majorité d’entre eux, ils n’ont donné lieu qu’à de très rares présentations publiques. Parmi celles-ci, on trouve la projection à la galerie Julien Levy, en décembre 1936, de la première incursion de Cornell dans l’art du réemploi : Rose Hobart (aussi connu sous le titre A Collage of Rose Hobart), un film souvent considéré comme le premier film de found footage expérimental.

Rose Hobart consiste en un remontage d’une copie 16 mm du film East of Borneo (George Melford, 1931). D’une durée d’un peu plus de 20 minutes, il s’agit d’un hommage à l’actrice du film et, plus généralement, aux icônes du cinéma muet (même si le film source de Melford est parlant). Faisant fi de toute continuité narrative et de toute logique de montage, le film rassemble pour l’essentiel les scènes où l’actrice apparaît, excluant de façon délibérée les autres protagonistes, ce qui génère faux raccords, sautes brutales et liaisons dissonantes. Bien qu’il ne soit pas possible de savoir si ce fut le cas pour la première projection en 1936, il est généralement entendu que le film fut projeté à la vitesse du muet (18 images/seconde) et, même s’il semble que Cornell en ait conçu le projet plus tard, à travers un filtre bleu (à l’image des teintages de l’époque du muet). Préservée et restaurée par Anthology Film Archives en 1967, la copie présente toutefois une teinte rosée (qui ne déplut pas au cinéaste). Sous les indications tardives de Cornell, certaines chansons du disque Holiday in Brazil (1954) de Nestor Amaral accompagnent désormais le film.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Contributeur

Winand, Annaëlle (responsable de parcours)

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2020

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2020. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/79687m/2274

Date de modification de la fiche

2020-11-25
2022-05-26

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