Une (plate)forme entre les médias - Texte 3
En anglais, les expressions « database documentaries » ou « documentary databases » – qui rendent compte d’un croisement entre la création d’une base de données et celle d’une mise en intrigue – vont un temps concurrencer les appellations « web documentary » et « interactive documentary ». Les deux premières renvoient à un domaine plus large, les « database narratives[5] ». Ces expressions conduisent à souligner l’importance de la gestion des données dans la transformation du cinéma documentaire à l’ère du numérique.
Ainsi, malgré le fait que le terme « webdocumentaire » s’est progressivement imposé à partir de 2008, la notion d’interactivité est parfois mise de l’avant pour désigner des productions culturelles qui sont alors appelées des « applications » ou des « expériences Web », comme c’est actuellement le cas sur le site de l’Office national du film du Canada (ONF)[6]. Une tension reste donc présente entre une désignation centrée sur l’identification d’un format innovant et le fait de mettre l’accent sur un changement de posture de la part de l’usager. Enfin, la diminution de l’usage du terme depuis 2018 est un symptôme d’un processus d’institutionnalisation qui reste incomplet et d’une innovation technique qui, sans être oubliée, n’est pas devenue un média.
