Le cinéma sonore - Texte 5
Bientôt vendue sous le nom de Mitchell BNC (Blimped News Camera), cette caméra deviendra la référence pour le travail en studio pendant plus d’un quart de siècle. La BNC tarde cependant à se répandre dans les studios pendant la décennie 1930. Les registres de Mitchell révèlent en effet que moins de 20 BNC sont assemblées et vendues par la compagnie avant 1940. Il semble que les studios, qui venaient tout juste d’investir des sommes importantes dans l’achat de nouvelles caméras dans les premières années du parlant, n’aient d’abord pas jugé que la BNC présentait des améliorations assez importantes par rapport à la NC pour justifier un autre renouvellement de leur matériel de prise de vues en pleine crise économique[8].
Un artisan de génie, Gregg Toland, parvient toutefois à renverser cette perception au tournant des années 1940 en développant une approche révolutionnaire de la direction photo qui n’était possible qu’avec la BNC. L’histoire de la BNC se confond d’ailleurs dès l’origine avec celle de Toland, qui avait été le premier artisan à expérimenter avec cet appareil nouveau genre alors qu’il était directeur de la photographie en chef des studios Goldwyn[9].