Le cinéma sonore - Texte 2

Dans les studios américains, la transition vers le parlant rend la caméra Bell & Howell 2709, omniprésente sur les plateaux depuis le milieu des années 1910, obsolète pour la plupart des tournages. La 2709 est en quelque sorte victime de ses qualités exceptionnelles : la conception de son mécanisme intermittent, qui intègre des registration pins, permet de produire des images d’une stabilité imbattable… tout en la rendant par ailleurs impossible à rendre véritablement silencieuse. Les 2709 resteront en usage pendant des décennies, mais hors des plateaux des grandes productions : tournages sans son synchrone, bancs-titres pour le cinéma d’animation, etc.

Les caméras fabriquées par la compagnie californienne Mitchell, dont l’emploi se répandait depuis le début des années 1920, deviennent, au moment de l’arrivée du parlant, le nouveau standard de l’industrie américaine. Le système de rackover utilisé pour la visée des Mitchell s’accommode en effet mieux des caissons (blimps) dont on commence à équiper les caméras. Et, surtout, le nouveau mouvement intermittent hi-speed équipant depuis 1927 les Mitchell Standard s’avère, malgré l’ajout de registration pins, plus facile à rendre (relativement) silencieux que celui de la 2709. La réclame de Mitchell explique que, dans les nouvelles caméras vendues par la compagnie, « aucun rouage ou pignon métallique ne travaille de pair avec une autre pièce métallique[3]. » Les engrenages de métal sont ainsi couplés avec d’autres faits de bakélite ou de fibres, tandis que les roulements à billes sont pour la plupart remplacés par des paliers lisses (sleeve bearings) et les courroies métalliques des magasins par des courroies faites de matière textile.

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Date de modification de la fiche

2022-03-11

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