Rencontres entre musique électronique et orchestre au cinéma - Texte 5
La musique électronique se démocratise dans les années 1980, grâce au coût décroissant des synthétiseurs[8] et au passage de l’analogique au numérique. Si l’utilisation de sons synthétiques pour remplacer l’orchestre symphonique (généralement pour des raisons budgétaires) pousse Michel Chion à appeler les synthétiseurs « l’orchestre bon marché[9] », certains compositeurs, à l’instar de John Carpenter (compositeur et réalisateur), en feront leur marque de fabrique. En 1982, Carpenter collabore avec Ennio Morricone sur The Thing. S’ils n’interviennent jamais ensemble, orchestre et électronique ont chacun un rôle prédéfini : l’orchestre se fait l’écho des émotions et sentiments des humains, dans une atmosphère sombre, torturée et pessimiste, tandis que l’électronique évoque l’omniscience et l’horreur, ainsi que la confrontation de l’homme face à la chose. Tous les conflits entre humains et la suspicion qui règne sont amplifiés par le silence, de même que les moments d’action, qui sont exposés dans une cruauté froide et sont par là même d’autant plus réalistes et prenants. Toutefois, si ces deux styles musicaux n’interviennent jamais ensemble[10], ils partagent un thème commun[11].
