Le direct et le différé - Texte 5
Méthode 1 de Mario Ruspoli adopte la forme du feedback par l’entrecroisement de deux sources de prise de vues : l’une s’attache aux faits et gestes des cinéastes et l’autre s’intéresse à ce qu’ils filment. Le feedback impose un recul sur la production des images : il questionne sa valeur éthique et sa capacité à dire vrai. Lorsqu’il est intégré au film, il découle du différé du montage.
Le différé du montage
Le lieu ultime du « différé du direct » est bien sûr le montage. Dès les premiers films de cinéma direct, son importance apparaît comme la conséquence du refus des cinéastes de satisfaire à l’exigence du scénario préalable. Il revient donc au monteur de réintroduire une logique narrative proprement cinématographique. Le montage introduit une temporalité autre que celle du moment filmé, qui réfute l’instantanéité que le mot « direct » suggère en créant un direct cinématographique qui ne peut advenir que dans l’après-coup du tournage.
