Renouvellement des éléments par la perception spectatorielle - Texte 5

D’autre part, cet effort décrit par Bergson pour entrer en sympathie avec « l’objet de son étude » requiert, davantage qu’une simple attention, un véritable engagement personnel et, ainsi, une modification de sa propre horloge interne. D’autres séquences de course-poursuite illustrent également cette implication du spectateur. Le montage cinématographique le plonge au cœur de l’action, dont le point crise a pu être annoncé et préparé bien à l’avance. La pression se voit décuplée par la vitesse ou le poids des enjeux, comme l’incarnent les multiples péripéties du camion dans Le salaire de la peur (Henri-Georges Clouzot, 1953), le poids lourd menaçant de Duel (Steven Spielberg, 1971), le bus piégé de Speed (Jan de Bont, 1994), etc. Il s’agit du mécanisme classique de la course-poursuite effrénée, que l’action se situe dans un opus de James Bond, dans Bullit (Peter Yates, 1968) ou dans The French Connection (William Friedkin, 1971). Cependant, les ralentissements, qui ont moins de répercussions sur l’appréhension immédiate et consciente du spectateur, sont aussi révélateurs de l’empathie profonde dont un spectateur est capable pour s’immerger dans le temps long; citons, à titre d’exemples, le cinéma de Kurosawa (dont nous évoquions plus haut deux des longs-métrages), d’Andreï Tarkovski – tout particulièrement L’enfance d’Ivan (Иваново детство, 1962) ou Le sacrifice (Offret, 1986) – ou, plus récemment, de David Lynch.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2024

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2024. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/666954/6312

Date de modification de la fiche

2024-07-24

Se conforme aux schémas

Export