Danse/performance - Texte 3
L’écart qui se creuse entre la vision du filmeur et celle de l’appareil qui aura capté une vue somatique et fragmentaire est par moments problématique lorsqu’il s’impose dans les usages amateurs de la caméra d’action à des fins de documentation, mais il peut aussi bien être exploité et réinvesti dans la production d’effets particuliers dans le cadre d’œuvres artistiques. Pour qualifier l’effet particulier qui résulte d’une médiation du corps performatif par la médiatisation d’une caméra embarquée, Charlotte Dronier développe l’idée d’une « étrangeté ontophanique » – adaptation du terme proposé par Stéphane Vial – pour décrire les conditions (techniques notamment) de l’apparition du sujet performateur[4]. Les images de Lodela produites par des caméras portées sur différentes parties du corps participent effectivement à cette étrangéisation du corps ultimement reconstitué par la représentation. Bien qu’elle se réfère d'abord et avant tout au corps qui la porte, la caméra d’action ne nous garantit pas toujours la cohérence du corps en question.
