Le cas du Met: Live in HD - Texte 2
En 2006, le Met inaugure le The Met: Live in HD, une série de transmissions d’opéras captés par un appareillage multicaméra en haute définition et diffusés en simultané dans des salles de cinéma, puis en différé sur plusieurs médias et plateformes. L’initiative est un succès immédiat : alors que six transmissions sont proposées la première saison, une dizaine composeront les programmations annuelles dès 2014-2015, puis douze opéras les années suivantes.
Après avoir subi un léger remontage minimisant les impondérables du direct, la captation est mise en marché sur plusieurs plateformes et médias : d’abord, en rediffusion simultanée dans les cinémas (les Encore); puis, en ligne sur la plateforme Met Opera on Demand; à la télévision, sur PBS, qui présente la série Great Performances at the Met, et sur diverses chaînes autour du monde[1]; ainsi que sur DVD[2]. Toujours dans un esprit d’accessibilité et de rayonnement, le Met retransmet également sur les écrans de Times Square et à la radio, sur son réseau SiriusXM.
En 2019, le Met était reçu dans plus de 2200 salles de cinéma, dont la moitié seulement aux États-Unis, et dans 73 pays sur six continents. Cent trente opéras du Met avaient été transmis en direct et généré la vente de 19 millions de billets et des revenus bruts de plus de 400 millions de dollars. La maison d’opéra produit chaque saison « plus de 200 représentations d’opéra auxquelles assistent plus de 800 000 personnes en salles de spectacle et des millions d’autres qui vivent l’expérience du Met grâce à des initiatives de distribution médiatique et à des technologies de pointe[3] ». Une seule transmission en direct au cinéma attire de 240 000 à 260 000 spectateurs et engendre des revenus de 2,5 millions de dollars. Elle est ensuite distribuée en différé sur diverses plateformes médiatiques (cinéma, télévision, VSD, Encore). Une seule transmission du Met: Live in HD génère selon Peter Gelb des revenus nets de 17 à 18 millions de dollars annuellement, mais « ce n’est pas une panacée, ça aide en plus des recettes du box-office et de la collecte de fonds[4] ».
