Alexandre Desplat, un renouveau du timbre symphonique hollywoodien : des sons programmés comme mise en relief de l’orchestration à l’effet magique - Texte 6
Ainsi, au moment où Laureline et Valérian, à bord de leur vaisseau, arrivent sur la planète Alpha (« Arriving on Alpha »), les flûtes traitées en écho — réminiscences consonantes et éthérées de celles d’Alien de Goldsmith — semblent d’autant plus flotter qu’elles rebondissent sur la nappe ondulatoire des sons Arturia dans le grave, au milieu des cordes par-dessus lesquelles un motif à l’héroïsme contenu émerge peu à peu des cors. Le compositeur reconduit ce même geste musical pour un cinéma plus intimiste. Il attribue une fonction similaire à l’orgue programmé ou à la subbass[7], comme renfort des cordes graves, dans certains morceaux de The Danish Girl, afin de souligner la discordance intérieure d’un personnage (Einar/Lili) et signifier son mal-être profond. C’est par exemple le cas dans la scène où Einar, avant sa transformation physique en Lili, mime les mouvements de sensualité féminine que lui renvoie l’entraîneuse à travers la vitre d’un peep-show.
