Introduction - Texte 1
Le récit a toujours été une forme culturelle dominante, peut-être en raison de son extraordinaire pouvoir de synthèse — du temps et de l’expérience de l’individu et des communautés, du passé aussi bien que de l’avenir anticipé. Comme toutes les activités humaines qui nécessitent des outils et des savoir-faire, développés dans le temps et normalisés, répétés et transmis sur des générations, l’art de raconter est vite devenu une technē ou un ars. À l’origine, cette technique est indissociable de l’oralité, dans sa pratique même — qui dépend de la mémoire et de la performance de l’aède ou de l’acteur — et dans sa transmission — qui repose sur l’exemple donné par le maître et l’imitation pratiquée par l’élève, à travers le geste et la parole. Mais, avec le développement de l’écriture, puis de l’imprimerie, l’art de raconter a été formalisé et systématisé, et ses principes et techniques, consignés et transmis par le texte.
