Du montage électronique à un Ben-Hur numérique - Texte 3
Plus frappant, toutefois, est son usage des technologies numériques pour donner de la cohésion à un ensemble considérable d’images tournées sur caméras numériques. En effet, Bekmambetov ne semble pas avoir résisté à la tentation d’exploiter au maximum les capacités de stockage quasi illimitées du disque dur, sans avoir pour autant une vision claire de la façon dont cette information serait organisée. Malgré les prévisualisations des scènes clés, dont celle de la course de chars, il en résulte une sorte de fouillis visuel, comme si l’équipe de production n’avait pas su donner sens à la quantité phénoménale de contenu provenant de nombreuses caméras, dont certaines fixes autour de la piste, et des caméras d’action Go-Pro intégrées dans le sol ou sur les chars afin d’offrir une couverture aussi large que possible.
Dans ce tout récent Ben-Hur, le montage est subordonné aux effets nouveaux d’une imagerie générée par ordinateur. Toutefois, il s’agit moins d’une conséquence inévitable du passage à des systèmes de montage numérique que d’un échec à la fois conceptuel et créatif, d'une incapacité à établir une ligne directrice claire donnant une cohérence à la représentation. Ce n’est pas le montage numérique qui est en cause, pas plus que la moviola n’était à l’origine du génie de l’adaptation de 1925.
