Le bruit vidéo et le feedback vidéo - Texte 7
Le résultat est un film de 2 minutes et 38 secondes constituées d’intenses oscillations chromatiques et musicales. Une bande-son essoufflante aux accents électroniques rythme des ondulations desquelles semble s’exhaler et s’inhaler une fumée colorée — un effet respiratoire découlant d’une manipulation très précise du zoom de la caméra et du dispositif de feedback — tandis que des motifs de réaction/diffusion fugaces s’échappent du brouillard.
Cette recaptation d’un feedback vidéo rappelle des expérimentations plus anciennes, comme le générique culte de la série Doctor Who (BBC, 1963) ou l’œuvre de Lutz Becker[5] (Horizon, 1967). Cette transduction rend le médium difficile à saisir. On peut vaguement deviner, des traces de rayures et de l’émulsion, la présence matérielle du celluloïd, mais le mouvement est tellement incessant et complexe qu’il évoque surtout le caractère fluide et volatile du feedback vidéo. La physique et la chimie entrent en action sous nos yeux. Les spectateurs ne regardent plus un film, mais une force.
