La modélisation 3D - Texte 2
La particularité de cette marionnette est son caractère ontologiquement numérique, du fait qu’elle n’existe que dans un environnement numérique. Il s’agit d’un objet en trois dimensions représenté dans un espace exclusivement en deux dimensions et dont la construction relève de la programmation. Dans le domaine informatique, cette dernière se définit comme l’« ensemble des activités liées à la définition, l’écriture, la mise au point et l’exécution de programmes informatiques [ou comme la] séquence des ordres auxquels doit obéir un dispositif[2] ». Cela consiste donc à construire un programme informatique, ou tout autre objet numérique, et à lui indiquer comment procéder, et ce, à l’aide de règles et de limitations intégrées à son code. Pour construire et animer un modèle 3D, il faut programmer plusieurs éléments modulaires, soit l’aspect extérieur et la structure interne de la marionnette, pour ensuite les assembler par le même procédé informatique. Ce processus informatique ressemble étonnamment à celui employé pour le stop-motion.
Rappelons que la technique du stop-motion consiste à animer un modèle physique devant la caméra en déplaçant individuellement chaque section de son corps, de photogramme en photogramme, dans le but de produire une continuité mécanique créant l’illusion du mouvement[3]. Cette méthode animatique propre à l’ère analogique utilise des modèles construits de façon qu’ils puissent être stables tout en restant assez souples ou articulés pour pouvoir proposer des phases de mouvements variés, allant jusqu’au micromouvement le plus fin. Cette manière de faire, qui relève du même principe que le modèle 3D numérique, est cependant confrontée à des phénomènes physiques, notamment la gravité. Il faut ainsi s’assurer que le modèle est assez fort pour soutenir son propre poids, sans pour autant limiter les animateurs dans leurs tâches. Pour contrecarrer cette contrainte, ceux-ci ont développé la technique dite « du squelette ». Elle consiste à utiliser un matériau rigide (bois ou métal) comme structure du modèle, afin de soutenir le poids et la position du personnage (faisant office de squelette), et à le recouvrir par la suite d’un matériau souple (pâte à modeler, argile, papier, etc.) permettant de créer l’apparence du personnage, de varier ses expressions ou de le contrôler jusqu’au moindre détail animatique possible.
