Le patrimoine des films amateurs: le passage des archives au Web - Texte 1
L’un des thèmes souvent exploités dans les webdocs est celui du traitement des archives. En réalité, il s’agit d’un genre du webdocumentaire. Des archives personnelles, des archives non institutionnelles ou même fantasmées, des archives menacées d’oubli, voilà des pistes dont partent beaucoup de webdocs. On convoquera à titre d’exemples : Lost and Found (2012); Pékin sans transition (2012); Please Call, Very Sentimental (2011). Le point commun que présentent tous ces cas est un geste de collectionneur au début, une trouvaille de chiffonnier (des collections d’images orphelines, possiblement d’une époque médiatiquement révolue – polaroïd, diapositive, kodachrome, etc.), et l’invention d’une forme, d’une interface pour mêler la présentation de ces archives trouvées avec le récit que l’auteur du webdoc veut imposer à ces matériaux. Le spectateur qui parcourt le webdocumentaire découvre des éléments d’une archive aussi bien qu’il apprend à explorer les pistes narratives qui maintenant les ordonnent. Quel rôle jouent alors les archives et les autres institutions de cinéma en amont de cette réappropriation des documents historiques par le webdoc?
— Martin Bonnard et Viva Paci
