Complémentarité des flux et superposition de plusieurs tempos : l’axe vertical - Texte 3
Le cas de figure contraire est tout aussi éloquent : la dernière scène de A Clockwork Orange (Stanley Kubrick, 1971) met en scène l’arrangement trouvé entre Alex DeLarge et le ministre, avec un tempo plutôt lent, qui amène, en guise de surprise, une diffusion en haute définition d’un morceau de bravoure du répertoire orchestral. S’ensuit une prégnance de plus en plus éclatante du final de la Symphonie no 9 de Ludwig van Beethoven, clef de voûte dramaturgique du récit, puis climax émotionnel et musical de l’épilogue du film. Cette frénésie portée par le chœur mixte enveloppant l’orchestre retranscrit de manière frontale, en plus de l’enthousiasme malsain du ministre, le bouillonnement intérieur du protagoniste qui sent revenir en lui toutes les pulsions et finalement la jouissance dont il a été sevré.
