Cinéma (documentaire et narratif) - Texte 6
Cinéma narratif
Hardcore Henry
Du côté du cinéma narratif, on retrouve aussi plusieurs cas où une caméra fixée au corps a produit des effets particuliers sur les rapports corps-espace usuels. Mentionnons notamment Hardcore Henry (Ilya Naishuller, 2015), dont l’utilisation d’une GoPro pour capter les méandres d’un cascadeur de son propre point de vue s’aligne parfaitement avec les usages couramment faits de cette caméra dans le domaine sportif, notamment dans ce sport urbain appelé « parkour ». Aventure rocambolesque d’un homme reconstruit en cyborg après un grave accident et qui doit aussitôt partir à la rescousse de son épouse qu’on vient d’enlever, cette production indépendante russe est filmée entièrement à l’aide d’une caméra d’action harnachée au crâne de l’acteur principal. Une ou parfois deux GoPro étaient fixées devant le visage du cascadeur, au niveau du menton pour mieux cadrer les mains qui sont essentiellement les seules parties de son corps données à voir, puisque c’est de son point de vue seul que nous est racontée l’histoire.
