Cinéma (documentaire et narratif) - Texte 1
Documentaire
Si l’expression « caméra d’action » (de l’anglais action cam) désigne une catégorie de caméras miniatures, portables et robustes initialement pensées pour être utilisées dans le cadre de sports extrêmes, nombre d’amateurs se les sont appropriées pour capter des images de la vie courante. Ainsi, la notion de caméra d’action s’est vue détournée de sorte à représenter un ensemble d’appareils servant à capter des images « en action », qu’elles soient sportives ou non, et ce, typiquement de manière moins intrusive qu’une caméra ou un appareil photo professionnels. Pareillement, ces caméras miniatures ont aussi été adoptées par l’industrie cinématographique, tantôt pour reproduire les images que l’expression « action cam » évoque généralement (celles propres aux vidéos de sports extrêmes pour lesquelles la GoPro est reconnue), tantôt pour compléter leur boîte à outils de production.
Bien que la GoPro ait parfois été utilisée comme appareil sacrificiel – servant à capter des images dans des contextes dangereux ou dans des endroits trop restreints pour placer un appareil plus volumineux –, la catégorie des caméras d’action nous invite à penser plus particulièrement les rapports corps-caméra-espace en jeu dans le processus de prise de vues, de même que l’effet de cette symbiose entre l’appareil de prise de vues et le corps en action. En ce sens, penser les usages de ces caméras dans des productions cinématographiques revient à penser au rôle du corps qui se cache derrière la production de l’image. C’est d’ailleurs ce qu’implique la notion d’« image somatique » proposée par Richard Bégin[1], laquelle met l’accent sur la possibilité de sentir dans l’image la présence du corps qui manipule la caméra.
