Le cas de Barbara Willis Sweete, réalisatrice pour The Met: Live in HD - Texte 1

Dans un article du quotidien montréalais Le Devoir en mars 2013, le critique et mélomane Christophe Huss écrit à propos de la transmission du Met: Live in HD de l’opéra Parsifal de Richard Wagner :

Barbara Willis Sweete a amorcé la fusion de la scène d’opéra et de la magie de l’écran. […] La réalisatrice a […] trouvé l’équilibre entre le plan large et le détail. […] Le Parsifal de [François] Girard est magique en salle; il est encore plus éloquent et poétique à l’écran[1].

Quelques années plus tôt, en 2008, le même critique s’indignait d’écrans partagés (splitscreens) dans certaines scènes de l’opéra Tristan und Isolde, un autre Wagner réalisé aussi par Willis Sweete[2]. À cette occasion, de nombreux autres amateurs ont crié aussi — littéralement — au scandale, demandant sa démission sur le champ[3]. Jugée trop interventionniste, Willis Sweete était allée à l’encontre d’une convention fondamentale et pourtant tacite de la transmission d’opéras : préserver l’expression identitaire du spectacle opératique. En fait, dès le lancement du Met: Live in HD en 2006, le Met promet à son auditoire la retransmission des opéras captés au plus près de l’expérience en salle de spectacle. D’après Peter Gelb, directeur général du Metropolitan Opera et instigateur du Met: Live in HD, « Notre propos n’est pas de concurrencer les films d’opéra. Nous ne le pouvons pas et nous ne le souhaitons pas davantage[4]. ». Le Met ne songe d’ailleurs pas à mentionner que la captation transmise résulte de l’aiguillage de multiples caméras vers un montage unique et organisé par un réalisateur, lequel n’est alors pas cité en ouverture de son générique, brisant ainsi une solide convention dans le monde du cinéma. De façon générale, à cette époque surtout, on reproche à l’ensemble des retransmissions du Met: Live in HD une surabondance de plans rapprochés, des mouvements de caméra excessifs, un découpage frénétique, une virtuosité cinématographique dont le résultat nuit à l’expérience du spectacle d’opéra en salle de cinéma. Dans les faits, on demande au réalisateur d’effacer toute trace d’expressivité plastique, de minimiser toute intervention, pour sembler ne laisser voir que la créativité du metteur en scène, le talent des chanteurs.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Demay, Marie-Odile

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/338608/4467

Date de modification de la fiche

2022-06-25
2023-02-21

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