Les années 1950 et 1960 : l’âge d’or du cinéma immersif - Texte 2
Cette période a donc également vu le retour de la pellicule 70 mm. Elle avait déjà été utilisée aux États-Unis pour une vingtaine de productions dans les années 1920 et 1930, par exemple en 1930 pour le film The Big Trail de Raoul Walsh. La normalisation de la pellicule 35 mm par la Society of Motion Picture and Television Engineers (future SMPTE) dès le 2 octobre 1917 et les coûts relatifs à l’utilisation de la pellicule 70 mm dissuadèrent les studios de production de l’utiliser. D’autant plus que les salles avec un projecteur 70 mm étaient rares, ce qui obligeait les studios à tourner leurs films 70 mm aussi avec une caméra 35 mm pour s’assurer une diffusion étendue. C’est d’abord avec le dispositif Todd-AO que fut proposé, en 1955, d’utiliser à nouveau la pellicule 70 mm. Il fut mis au point par Michael Todd, qui avait participé à l’aventure Cinerama. Avec le Todd-AO, il voulait éviter les inconvénients du Cinerama, à savoir une caméra (à trois foyers) difficilement manipulable, la nécessité d’utiliser une seule focale au moment du tournage, les séparations visibles (et, parfois, les étalonnages différents) entre les trois images au moment de la projection. Grâce à la pellicule 70 mm, le Todd-AO permettait d’obtenir une image au format large (un ratio de 2,20:1) et d’une qualité exceptionnelle. La définition de l’image, sa profondeur de champ et son contraste étaient considérablement augmentés par rapport à la pellicule 35 mm. Les principales caractéristiques du procédé sont présentées dans la plaquette publicitaire de l’encart 2. Oklahoma (Fred Zinnemann, 1955) et Le tour du monde en 80 jours (Michael Anderson, 1956) furent les deux premiers films produits en Todd-AO. Une vingtaine d’autres suivront dans les années 1960 et 1970. Ils sortirent en 70 mm dans les salles équipées d’un projecteur 70 mm. L’encart 3 montre un exemple de projecteur 70 mm à travers la présentation d’une plaquette publicitaire du modèle DP70 proposé par la marque Philips.
Un autre dispositif qui se basait sur la pellicule 70 mm fut proposé en 1956 par le département Panavision des studios MGM : le MGM Camera 65. Le nombre 65 fait référence au 65 mm réservés à l’image sur la pellicule 70 mm, les 5 mm restants étant dédiés aux pistes sonores[2]. Le format obtenu avec le MGM Camera 65 fut l’un des plus étendus en largeur (avec un ratio de 2,76:1), car en plus d’utiliser une pellicule 70 mm, une lentille spécifique nommée APO permettait d’ana/désanamorphoser l’image (comme pour le CinemaScope décrit plus loin)[3]. Quelques films furent tournés avec ce procédé, parmi lesquels figure Ben-Hur, de William Wyler (1959). Par la suite, Panavision gagna son indépendance vis-à-vis de la MGM et continua d’exploiter ce procédé en l’améliorant et en le rebaptisant Ultra Panavision 70, puis Super Panavision 70 (sans anamorphose).
