Mothlight, l’autocrémation de Stan Brakhage : du langage poétique à l’usage - Texte 2
Nul n’est mieux placé que Brakhage pour parler de sa pratique. Cependant, la collecte et la retransmission de ses propos ne suffisent pas. Il faut être en mesure d’interpréter son discours en termes techniques. Le terme « vision » est central dans le langage de Brakhage. C’est même la pierre angulaire pour comprendre sa pratique. Autrement dit, il faut saisir cette notion pour comprendre son travail. Dans l’entrevue dont on trouve un extrait ci-dessous, il utilise les expressions « vision », « the eye brain », « the mind's eyes », « not just what the light passes through », « the surface of the brain », « nervous system feedback ». Cette énumération permet de faire le pont entre, d’un côté, le fonctionnement de Brakhage en tant qu’être humain et, de l’autre, l’appareillage technique qu’il mobilise, soit la caméra et la pellicule. Le choix de ces mots est lié à une volonté de mettre à distance le réel qui ne sera jamais imprimé et ce qui est de l’ordre de l’interprétation par l’œil qui le regarde.
