Un webdoc pour inspirer la participation - Texte 2

La réalisation du projet The Shore Line (2017) a pris la forme d’un véritable laboratoire sur les processus participatifs. Nous avons fait appel à des collaborateurs et à des utilisateurs qui nous ont guidés tout au long du parcours. Au sein de mon équipe, nous étions inspirés par les stratégies de mobilisation déployées dans les documentaires long format, mais nous voulions aussi explorer de nouvelles avenues. Nous nous sommes donc demandé comment utiliser des outils émergents pour créer des réseaux, susciter le dialogue et favoriser une esthétique participative. Nous cherchions à savoir en quoi le documentaire interactif pouvait encourager des types d’engagements différents de ceux qu’un documentaire classique peut susciter.

Notre projet était ambitieux en raison de son envergure. The Shore Line présentait le portrait de 43 personnes qui, dans neuf pays différents, affrontent la montée des mers et les défis côtiers à l’échelle globale. Pour mettre en valeur l’immense contenu créatif que nous avions rassemblé, sans toutefois submerger les internautes, nous avons conçu le projet comme un storybook futuriste comprenant six chapitres dont chacun était relié à des vidéos, à des outils pédagogiques et à des cartes. L’interface permettait également aux internautes de parcourir le site à partir d’une base de données ou d’un atlas dynamique qui reliaient les portraits vidéo à des visualisations de données montrant l’impact de l’exploitation du littoral sur les zones humides. Si la mise en relation créative de ces différents médias donnait déjà au projet son caractère unique, pour que celui-ci ait un véritable impact il était également nécessaire de créer une communauté d’internautes engagés.

La première étape a donc consisté à identifier notre public cible – les enseignants, les jeunes et les travailleurs d’organismes communautaires. Nous avons décidé de partager notre travail à mesure qu’il progressait. Plutôt que d’attendre un lancement officiel, nous avons construit un site Internet de travail sur lequel nous déposions les portraits vidéo à mesure que nous les produisions. Cette méthode a offert l’occasion unique de créer un réseau autour des personnes dont nous réalisions le portrait. Par exemple, lorsque nous avons organisé un atelier de médias pour un groupe de jeunes du Panama, nous avons partagé avec eux les portraits de jeunes provenant de l’Inde et de la Norvège. Les jeunes Panaméens étaient ravis de voir ce que d’autres jeunes faisaient et de constater que leurs efforts s’inscrivaient dans une initiative beaucoup plus vaste. Ce site interactif a donc été une façon de créer des liens entre et parmi des réseaux émergents, avec les personnes inspirantes que nous rencontrions ici et là. Il fonctionnait comme une sorte de table à dessin publique et collective, une plateforme ouverte où nous pouvions adapter, explorer et commencer à identifier une esthétique et des thèmes émergents liant chaque endroit et chaque récit. Cette table à dessin a aussi permis d’amorcer des discussions avec des designers interactifs qui nous ont aidés à intégrer de nouvelles affordances, comme les cartes dynamiques, les visualisations, les paysages sonores et bien d’autres choses. Ces designers ont aussi contribué à perfectionner notre esthétique visuelle et conceptuelle de façon à ce que nos contenus média fragmentés et très diversifiés forment un tout.

Après le lancement officiel, nous avons continué à lancer des initiatives de diffusion avec les enseignants et les travailleurs communautaires. Nous savions que les éducateurs utilisent souvent des extraits de films documentaires et qu’ils apprécient les guides d’étude concis. Nous avions déjà à disposition notre série de 43 courts-métrages (les portraits). Le défi était alors de l’entretenir pour la diffuser auprès de futurs utilisateurs. Nous avons donc invité des travailleurs œuvrant dans l’environnement, des enseignants d’expérience et des étudiants diplômés à produire des guides d’étude d’une page. Ils ont choisi un thème – par exemple le journalisme environnemental ou le leadership jeunesse – qu’ils ont jumelé à une sélection de trois films. Ensemble, nous avons élaboré des lignes directrices sous forme de questions, des activités et des ressources complémentaires. Ensuite, nous avons déposé ces courts guides sur le site et nous les avons diffusés tous azimuts. Nous avons aussi transformé notre site provisoire (la table de dessin publique) en un forum sur lequel les éducateurs pouvaient échanger des idées. Les enseignants partageaient la façon dont ils ou elles utilisaient le site et se laissaient inspirer par l’exemple et l’expérience de chacun. Encore une fois, notre intention était de créer des liens et de partager des ressources à mesure qu’évoluaient notre réseau d’enseignants et notre stratégie d’engagement.

Tout au long de ce laboratoire vivant, nous avons gardé à l’esprit que la répétition était cruciale et que l’interactivité devait être créée à la fois en ligne et hors ligne. Autrement dit, pour stimuler l’inspiration en ligne, nous devions cultiver les relations et liens avec les utilisateurs avant, pendant et après le lancement officiel du projet.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Contributeur

Bonnard, Martin (responsable du parcours)

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/253109/4302

Date de modification de la fiche

2022-05-28
2022-11-01

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