Journalisme - Texte 3
Ce que l’étude de Stoughton démontre, comme Myers Morrison le résume si bien, c’est que la vidéo ne montrait pas une agression envers le filmeur, mais bien deux hommes qui dansaient vigoureusement. Cette image de caméra d’action souffre effectivement de ce que Stoughton appelle une « intensité trompeuse » (deceptive intensity), soit le fait que l’intensité du mouvement mène les spectateurs à interpréter l’image comme représentant une action beaucoup plus extrême qu’en réalité. Les images souvent maladroites – qu’elles soient amateurs ou policières – fournies par les caméras d’action représentent peut-être bien l’événement « dans toute sa brutale réalité[6] », mais il n’en reste pas moins que cette réalité sera recadrée par les discours qui accompagneront leur circulation, ainsi que par les biais de ceux et celles qui la visionneront.
