Introduction
La société française Aaton, fabricant de matériel cinématographique et audiovisuel, par sa situation singulière dans le paysage industriel mondial et ses nombreuses innovations liées à l’argentique, à la vidéo analogique et aux technologies numériques, a marqué l’histoire des techniques et des pratiques. Ce parcours a pour objectif de proposer une analyse microsociale et économique du fonctionnement de cette société, à travers son organisation, sa géographie, ses principaux clients ou encore ses collaborations avec des professionnels du cinéma (techniciens, cinéastes, critiques), et plus généralement avec l’industrie technique (laboratoire, institutions). Tout au long de son existence, de 1971 à 2013, date de son rachat par l’entreprise Transvidéo, ses appareils de prise de vues et de son (caméras Aaton 16 mm et 35 mm, caméra Pénélope Delta, enregistreurs numériques Cantar) et certains de ses procédés technologiques (marquage du temps) témoignent d’une recherche alliant ergonomie et technicité, dans la lignée de la société Éclair et en réponse à son principal concurrent, la société Arnold & Richter. Il s’agira également de mesurer l’impact de ces innovations dans le domaine de la postproduction et de mieux saisir la place symbolique que cette société occupe dans le monde cinématographique, à travers les relations que son fondateur et ingénieur, Jean-Pierre Beauviala, a entretenu notamment avec les Cahiers du cinéma.
