La cinématisation - Texte 1
Avec les retransmissions qui ont pris place sur les écrans à compter de 2006, les grandes maisons d’opéra ont fini par avoir un effet considérable sur l’exploitation des salles de cinéma, en leur donnant accès à de nouveaux contenus et en y attirant un nouveau public de mélomanes. Chacune des grandes maisons d’opéra ayant promu la retransmission en salles de cinéma de ses productions opératiques fait normalement valoir l’équivalence supposée entre le spectacle qu’elle offre sur scène et celui qui est projeté sur les écrans. Non seulement projette-t-on l’opéra dans les salles de cinéma au moment même (à l’instant même, pour le dire de façon encore plus précise) où l’action se déroule et se déploie sur la scène opératique, mais fait-on tout, du côté des promoteurs de ces retransmissions, pour convaincre le ciné-spectateur que la performance à laquelle il assiste relèverait, grosso modo, de la catégorie du « spectacle vivant ». Et ce, au même titre que cet opéra sur scène qui fait l’objet de la transmission sur écran. Dans de telles circonstances, c’est bien entendu la notion de direct (l’aspect live de la performance et de sa retransmission) que les promoteurs mettent en avant. Pas étonnant que l’on retrouve alors ladite notion jusque dans le libellé de certains slogans publicitaires ou « marques de commerce » de pareilles ciné-retransmissions : ainsi, pour prendre deux des plus importants exemples, la Royal Opera House, à Londres, annonce-t-elle sa « live cinema season » et le Metropolitan Opera, son Met: Live in HD (en en remettant parfois une couche avec des titres comme « Live on screen in cinemas »).
