Perception d’un temps plus court par la rapidité du tempo - Texte 5
Musique narrative au second plan, diluant les contours de la scène
Parfois, comme dans le dernier acte de Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1975), l’ennui – ou plutôt la traduction cinématographique de la résignation de Barry de se savoir condamné et dans l’attente de son trépas – est souhaité. C’est ainsi que l’inexorable ostinato de timbales (avec le soutien des contrebasses en pizzicato, ainsi que quelques staccatos de violoncelles), reprenant seul les accents graves et fatalistes de la Sarabande (Suite no 4, HWV 437) de Georg Friedrich Haendel, entendue plus tôt, engorge plus de onze minutes du film[9], du premier pas décidé de Lord Bullingdon en direction de son ennemi juré jusqu’à la satisfaction obtenue. Chaque pas semble de ce fait plus lourd et pesant, conduisant vers un échafaud perceptible en creux : une situation inextricable qui n’admet plus pour Barry d’autre échappatoire que le revers de toutes les manœuvres qu’il entreprit, à commencer par le premier duel contre le riche capitaine John Quin, lui aussi accompagné (en miroir) du même ostinato.
