Perception d’un temps plus court par la rapidité du tempo - Texte 4
Perception d’un rythme filmique plus lent
Pourtant, nous trouverions bien des cas au sein desquels la musique semble provoquer un étirement du temps.
Musique narrative au premier plan
Dans Cashback (Sean Ellis, 2006), lors des scènes où le protagoniste est en mesure de suspendre le temps, le réalisateur choisit d’abord des plans fixes, s’apparentant de fait à des images. Seule la voix apporte une unité de mesure du temps, et disparaît bien vite au profit de quelques plans qui, vierges de tout son, semblent s’étirer de par leur fixité. Puis, à nouveau par anticipation des faits et gestes du protagoniste libre de circuler dans ce monde « en pause », la musique s’insère, souligne un mouvement de caméra fluide et devient la seule unité de mesure du temps filmique. Le piano ne s’exprimant que par effluves, il laisse en suspens la plupart de ses phrases, produisant un balancement entre mouvement et suspension, à l’image du protagoniste qui contrôle parfaitement son corps et que la caméra prend soin de ne filmer que par intermittence. La voix reprenant peu à peu sa place centrale, la densité des événements s’en trouve accrue, puis se fait très fluctuante tout au long de la séquence. Le résultat global offre le paradoxe d’un temps filmique fluide et dynamique, alors que tout ce qui est évoqué a trait à la lenteur et à la contemplation.
