À la croisée du documentaire et du Web - Texte 2

En amont, nous regardons le webdoc en partant de notre intérêt pour les formes cinématographiques documentaires, doublé d’une réticence à encadrer l’essor de ce genre médiatique dans une vision progressiste et téléologique du tout numérique. L’affinité du webdoc avec un certain propos documentaire et l’expérimentation artisanale toujours nouvelle qui bien souvent le caractérisent nous interpellent.

Le terme « webdocumentaire », cela va de soi, est constitué de deux éléments, « web » et « documentaire »[2]. Ceux-ci renvoient minimalement à des traits constitutifs qu’il est nécessaire de traiter en détail : multimédia, interactif, délinéarisé et lacunaire ainsi qu’immersif, pour le Web; volonté de conservation ou archivage, regard d’auteur, et avec cela, donc, un savoir situé[3], pour le documentaire.

Du côté de l’interactivité, l’internaute a le défi de s’orienter dans des parcours semi-dirigés. Même si les logiciels (Klynt, Korsakow, Djéhouti, 3WDOC[4]) qui permettent de créer ces parcours reposent sur des principes semblables, le rendu visuel de chaque œuvre est expérimental et artisanal. Il faut donc toujours réapprendre à naviguer dans ces récits actables. Soulignons qu’il existe en gros deux manières de développer le projet d’un webdoc. Soit l’auteur conçoit sa structure en s’appuyant sur une architecture organisée autour des possibilités offertes par l’un de ces logiciels (comme quand on crée un blogue personnel à partir, par exemple, de WordPress), soit le projet s’appuie sur de la programmation en bonne et due forme, donnant naissance à un objet à la forme complètement inédite (par exemple, un site personnel qui serait entièrement programmé, sans passer par une charpente). Dans les milieux professionnels, la deuxième tendance est plus prisée, mais elle délègue une partie de la création à des entreprises de web design (Deux Huit Huit, Upian, Darjeeling, Honkytonk, parmi de nombreuses autres). De leur côté, les auteurs qui produisent en toute indépendance vont probablement s’appuyer sur ces logiciels qui, s’ils les limitent dans les possibilités visuelles et de montage, leur permettent une souplesse dans le travail artisanal et ne nécessitent pas de connaissances poussées en programmation informatique – c’est le cas d’Iranorama (2013), créé avec le logiciel Klynt[5].

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Bonnard, Martin

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/15734h/4770

Date de modification de la fiche

2022-10-30

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