Introduction
L’expression « caméra d’action » (de l’anglais action camera ou, plus souvent, action cam) a ceci de particulier qu’elle ne découle pas nécessairement d’une particularité technique de l’appareil, contrairement à des appareils que l’on aurait différenciés en fonction d’une quelconque innovation technique (caméra autosilencieuse, réflex, à ressort, stéréoscopique, et ainsi de suite). Elle s’arrime plutôt au type de contexte dans lequel ce genre d’appareil est employé. Alors que l’appellation était utilisée auparavant pour décrire la caméra qui suit l’action de près lors de la télédiffusion d’événements sportifs (football américain, course automobile, etc.), elle désigne de nos jours le type de caméra miniature et robuste qu’on porte sur son corps et qui sert à capter des images en plein cœur de l’action. Et bien qu’elle ait démarré dans le monde des sports extrêmes, la caméra d’action s’est par la suite taillé une place dans tous les types de production. La marque de caméra GoPro est à ce jour le modèle le plus représentatif de la caméra d’action.
Bien sûr, les caméras désignées par cette dénomination générale partagent certaines caractéristiques. María Ortiz et José Moya énumèrent ainsi les caractéristiques des caméras d’action : « (1) taille réduite; (2) résistance à l’eau, aux chocs et aux autres dangers; (3) lentille grand-angle avec focale fixe; et (4) large éventail d’accessoires qui permettent à l’utilisateur d’attacher la caméra pratiquement partout, de sorte à obtenir des points de vue inhabituels[1] ». Cela en fait des appareils particulièrement bien adaptés aux usages pour lesquels ils sont généralement prévus : les sports (extrêmes ou non), le tourisme, de même que la documentation mains libres d’activités potentiellement dangereuses. Dans un cas comme dans l’autre, le contexte nécessite une caméra qui peut s’occuper de capter des images de ce que fait le filmeur alors qu’il est occupé par l’activité en question.
Dans ce parcours, nous tournons notre attention vers ces contextes d’utilisation particuliers afin de proposer une définition plus large de la caméra d’action : l’appellation « caméra d’action » servira ici à décrire tout appareil qui sert à documenter l’action de celui ou celle qui l’utilise. Cela correspond au concept de mobilographie. En tant que caméras miniatures, légères et robustes destinées à être utilisées dans des conditions d’activité intense, ce sont les caméras GoPro qui sont le plus souvent associées à cette catégorie d’appareil. C’est donc la GoPro qui se retrouve le plus souvent au cœur de nos analyses, notamment dans l’étude des caractéristiques techniques que partagent les différentes variations de ce type d’appareil et la présentation du profil de ceux qu’elles ont inspirés, par lesquelles nous commençons. À la suite de ce survol, chacune des lamelles du parcours aborde des pratiques qui révèlent différentes facettes de la caméra d’action : pratiques sportives, tourisme et amateurisme, danse/performance, création/expérimentation. Nous explorons enfin comment ce type de rapport de la caméra au corps du filmeur s’articule dans le cinéma (documentaire et narratif) et le journalisme amateur.
