Rotoscopie - Texte 1
Il serait aisé de supposer que le procédé de la rotoscopie, breveté par Max Fleischer en 1917 et consistant à décalquer les mouvements d’un personnage filmé au préalable en prises de vues réelles dans le but de les transférer à une figure dessinée, a été inventé dans un but d’amélioration technique du dessin animé. La manière dont les productions usant de ce dispositif ont pu être perçues, notamment dans la presse de l’époque, témoigne en effet d’une fascination pour ce « réalisme » nouveau qui rapproche le dessin animé du cinéma en prises de vues réelles. Mais on voit dans quelle mesure cette approche sous-tend un regard singulier sur ce type de films, qui considérerait qu’une production aboutie serait une production qui ressemblerait, visuellement, aux productions cinématographiques traditionnelles de l’époque. Or, au-delà de cet aspect qui s’esquisse effectivement au tournant des années 1920, sans doute en partie à l’aune de cette nouvelle technique, il est important de s’apercevoir qu’au départ, la raison présidant à sa conception repose avant tout sur des considérations technicistes. Fleischer a lui-même expliqué que
tandis [qu’il] travaillait pour le magazine Popular Science Monthly, [il eut] l’opportunité d’écrire des articles techniques sur les dernières inventions de l’époque, ce qui [l]’a amené à se demander [s’il] ne [pouvait] pas appliquer la mécanique aux cartoons, et en faire une méthode concrète pour produire des cartoons de cinéma par machinerie interposée[1].
Le Rotoscope constitue sans doute la première occurrence de cette démarche, puisqu’il s’agit bien de produire un dessin animé à partir d’une captation mécanique opérée par une caméra traditionnelle.
