La fabrique numérique de la musique de film : pistes temporaires et maquettes - Texte 2
On comprend que la maîtrise de l’outil informatique et la qualité de ces maquettes représentent un enjeu considérable pour le compositeur, quelle que soit, par ailleurs, son expérience; ce « déplacement des compétences » a assurément induit un trouble parmi les compositeurs « installés ». Cette pratique s’est généralisée très rapidement dans toute l’industrie musicale cinématographique au point que l’on peut désormais considérer qu’« aujourd’hui, la composition par ordinateur est la norme[3] ».
Si, à l’époque des studios, le compositeur visualisait le film sur une table de montage (parmi les marques les plus célèbres, citons Moviola, Steenbeck ou Atlas) et travaillait à l’aide d’un chronomètre ou d’une click track[4] — marquage régulier de la bande optique donnant une pulsation à la manière d’un métronome, ce qui permet une synchronisation très précise —, avec la technologie numérique il peut à présent importer directement le fichier vidéo dans un logiciel audionumérique[5].
