Cinéma vérité et cinéma direct - Texte 5

Pour Jean Rouch, ce nouveau rapport conditionne la logique cinématographique à la question éthique :

On passait ainsi, sans changer de vitesse, sans intermédiaire (comme la prise directe de la boîte de vitesses d’une automobile), à une notion plus éthique qu’esthétique ou mécanique, au problème de la relation directe avec les personnes filmées ou les spectateurs ultérieurs[6].

À partir de 1965, l’expression « cinéma direct » se substitue peu à peu à celle de « cinéma-vérité », sauf pour les tenants étatsuniens du mouvement (Drew Associates), qui préservent l’usage de ce dernier. Dans leurs films, la relation à la réalité s’établit sans interférence apparente au tournage, mais la révélation de la vérité, qu’ils revendiquent, nécessite la médiation du différé dans l’après-coup du montage. Dès 1964, dans une conférence donnée aux professionnels de la télévision, intitulée Thèmes de réflexion sur le « cinéma-vérité » (5 juin 1964), Edgar Morin cherche à décloisonner l’expression « cinéma-vérité ». En historicisant son avènement comme « un moment d’investissement du cinéma par la parole », il cherche à réunir deux positions souvent opposées (intervention et retrait) sous un troisième terme, « cinéma de communication ». Morin envisage le terme de « vérité » comme un problème épistémologique que la psychologie sociale permet d’éclairer. Reposant sur une inévitable dialectique, le « cinéma-vérité » en tant qu’« instrument d’investigation » et « moyen de communication » associe deux postures fondamentales pour Morin, la « fraternisation » et la « distanciation »[7].

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Grizet, Denis
Nicolazic, Vanessa

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2020

Langue

fr

Format

text/html

Droits

© TECHNÈS, 2020. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/10945g/2412

Date de modification de la fiche

2020-12-15

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