Note sur la mobilographie
Partant du concept de mobilographie, ce parcours aborde la notion de « caméra d’action » comme « stratégie interprétative ». Autrement dit, nous y pensons les images en mouvement afin d’en souligner le glissement référentiel, celui qui s’opère dans « une image dans laquelle le monde acquiert son sens non pas en référence à ce qui est visible et éventuellement intelligible, mais en fonction de la présence et de la situation de ce ou celui qui enregistre[1] ». Au fil de ce parcours, nous accordons donc une attention particulière au corps du filmeur, de même qu’au « rapport corps-caméra-espace » dont témoigne l’image[2]. Si la caméra, bien évidemment, reste cruciale dans cette relation, notre analyse du concept de caméra d’action insiste sur le rapport qu’entretient l’appareil de prise de vues avec le corps du filmeur, de même qu’avec l’action qui est à l’origine de l’image analysée.
Plutôt que de catégoriser la caméra d’action en fonction de ses particularités techniques seules, l’objectif de ce parcours est de penser aux types d’usages qui font en sorte que certaines caméras servent ou non de caméras d’action. En choisissant de penser la caméra d’action en fonction de ses usages plutôt que de ses particularités techniques seules, nous souhaitons proposer une façon d’interpréter les images en mouvement qui permettrait d’inclure des caméras aussi diverses que celles fabriquées par Pathé, Bolex, Aaton et Éclair. Survol d’usages plutôt que d’appareils en particulier (voir aussi à ce sujet la lamelle « Usages » du parcours La machine Bolex : les horizons amateurs du cinéma), l’intérêt de ce parcours sur la caméra d’action dans une encyclopédie sur les techniques cinématographiques s’explique par l’importance qu’y revêtent les gestes et les pratiques qui actualisent un dispositif technique dans un contexte donné; il n’y a pas de caméra d’action sans le geste qui l’active. C’est donc l’accord entre des appareils de prise de vues et des utilisations particulières qui est à l’honneur dans ce parcours. Il s’agit ainsi d’offrir une série d’études de cas précises plutôt qu’un historique des développements techniques pour une période donnée.
