Historique - Texte 1

Dès le XVIIIe siècle, la médecine, en s’appuyant sur les lois de la mécanique pour l’analyse des phénomènes organiques, établit concrètement le cadre d’une première interaction entre les recherches en acoustique et celles sur l’optique. Un siècle plus tard, le formidable essor de la biologie et de la physiologie expérimentale entoure plus encore cette relation de tout un arsenal de méthodes expérimentales et de nouveaux moyens techniques. On assiste à une mutation épistémologique décisive, car comme l’affirme Georges Canguilhem,

entre l’expérimentation physiologique du XVIIIe siècle et celle du XIXe, la différence radicale tient à l’utilisation systématique par celle-ci de tous les instruments et appareils que les sciences physico-chimiques en plein essor lui ont permis d’adopter, ou de construire, tant pour la détection que pour la mesure des phénomènes[1].

Cette nouvelle approche est appliquée dans tous les secteurs, aussi bien pour l’exploration du corps humain que pour l’analyse d’un fait physique, ce qui a permis le rapprochement entre phénomènes de nature différente. En outre, au XIXe siècle, les travaux axés sur l’analyse des phénomènes sonores et visuels ont été menés sur un terrain commun d’expérimentation : la reproduction du mouvement. Autant pour le physiologiste étudiant la marche de l’homme ou la locomotion animale que pour le physicien travaillant sur la propagation de l’onde sonore, il s’agissait d’analyser par le biais d’un instrument un événement se déroulant dans l’espace et dans le temps. Des instruments scientifiques sont alors forgés pour l’observation minutieuse des phénomènes ; au cours de nombreuses améliorations, ils vont paradoxalement trouver leur place dans les rayons des jouets — pour alimenter les spectacles d’ombres et de lumières et les loisirs auditifs —, ou encore au service d’une fonction utilitariste qui s’étendait du domaine médical jusqu’aux applications industrielles.

Par le jeu des reprises et des remaniements des instruments, des scientifiques se sont rencontrés sans n’avoir jamais échangé un seul mot. L’appareil inscripteur du mouvement vibratoire, imaginé par Thomas Young en 1807, sera repris et modifié ultérieurement en 1857 par Édouard-Léon Scott de Martinville pour son phonautographe, en 1877 par Thomas Edison pour son phonographe, dès 1857 par Étienne-Jules Marey pour ses appareils chronographiques, à partir de 1889 par l’abbé Rousselot pour ses expérimentations sur la parole, jusqu’aux premiers essais d’inscription du son sur une surface sensible.

Type de document (média)

Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2022

Langue

fr

Format

text/html

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© TECHNÈS, 2022. Certains droits réservés.

Licence

Identifiant

ark:/17444/08210b/3776

Date de modification de la fiche

2022-04-25
2022-10-11

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