Temps strié et perception par la densité des événements - Texte 4

Dans ce cas, la tension est accrue, car le spectateur ne connaît ni l’issue ni le ressort réel de ce qui génère la tension. Dans le droit fil d’une approche hitchcockienne de la tension par le suspense[8] (par laquelle le spectateur possède davantage d’informations que les personnages), le deuxième aspect constituera le moteur de la scène, impliquant le spectateur dans la recherche d’une issue qu’il est désormais le mieux placé pour pouvoir anticiper.

Nombreux sont les exemples au sein des films d’Alfred Hitchcock où la musique constituera l’un des flux énonciateurs principaux du danger, plusieurs secondes, minutes voire heures à l’avance. Les ouvertures de Vertigo (1958) et Psycho (1960), composées par Bernard Herrmann, en sont d’excellents témoins : au-delà de la forte énergie musicale[9] déployée par l’orchestre, l’information qu’un événement troublant est à venir (une révélation fracassante dans un premier cas, un meurtre dans le second) est livrée au spectateur grâce à un placement privilégié au sein du film, dont la convention lui indique qu’il s’agit d’une information fiable. Elle induira donc un regard et un positionnement du spectateur tout à fait particuliers par rapport aux scènes qui suivront. Au milieu des années 1970, Steven Spielberg et John Williams renouvelleront le processus avec Jaws (1975).

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Texte nativement numérique

Créateur

Éditeur

TECHNÈS

Date de diffusion

2024

Langue

fr

Format

text/html

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Identifiant

ark:/17444/054787/6301

Date de modification de la fiche

2024-04-19

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