Des instruments d’optique au service du découpage cinématographique - Texte 2
Ce tour de passe-passe visuel est permis grâce à l’alternance entre champ et contrechamp, à laquelle nous avons déjà été habitués lors du passage des jumelles au téléobjectif. Non seulement ces optiques resserrent notre attention sur une fenêtre en particulier parmi la multitude d’histoires de voisinage potentiellement intéressantes mais, en plus, l’attention grandissante du personnage accentue ce resserrement afin de nourrir les soupçons de l’observateur et de faire avancer le récit. En surcadrant la vision naturelle tout en installant une configuration en champ-contrechamp, ces appareils soulignent ainsi la primauté, avant même tout montage des images enregistrées, du découpage cinématographique dans l’établissement d’un récit à suspense, en tant que point de rencontre d’une monstration partielle et d’une narration elliptique, combinaison parfaite pour « diriger le spectateur ».
