Supports et mouvements d'appareil - Texte 13B

Les mouvements à la fois complexes et très libres rendus possibles par ces coûteux équipements, qui ne peuvent être manipulés que par des équipes de plusieurs techniciens expérimentés, deviennent bientôt un élément central des productions values sur lesquelles repose l’hégémonie de la production hollywoodienne. Certains cinéastes choisiront de pousser le plus loin possible les possibilités formelles et narratives ouvertes par l’élément central de ce dispositif, décrit dans une célèbre citation d’Orson Welles comme « le plus gros train électrique jamais donné à un garçon[6] ». Welles lui-même ouvre Touch of Evil (1958) par un plan-séquence de trois minutes et demie exploitant à fond les possibilités de la grue pour enchaîner sans coupe des cadrages d’échelles très différentes (de l’insert au plan d’ensemble), sillonner un quartier en passant au besoin par-dessus les immeubles, et, ce faisant, tisser au sein d’une même trame les actions de plusieurs personnages évoluant à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

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ark:/17444/010285/6765

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